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A Melles, le "Camp de l'Ours" : un projet éco-tourisme sur le GR 10

Ce concept éco-touristique ouvre ses portes le 18 juillet prochain, sur 3 hectares de prairies et bois à 1.100 mètres d'altitude. Un refuge sera par la suite ouvert le 11 août et un poste d'observation faunistique le 2 septembre. "Luchon Mag" a rencontré Alain Dubois à l'origine de ce projet particulièrement original.



Jeudi 13 Juillet 2017


(Photo © A.D.)
(Photo © A.D.)
Melles, le nom de cette commune évoque immédiatement un jardin botanique mais aussi la réintroduction de l'ours. On ne sera donc pas étonner d'y trouver, "Le camp de l'ours", un concept éco-touristique initié par Alban Dubois sur trois hectares de prairies et bois à 1100m d'altitude, dont une partie, "le bivouac", va être inauguré le 18 juillet prochain avant l'ouverture le 11 août d'un refuge qui proposera un service inattendu mais très savoureux et l'ouverture du poste d'observation "faunistique" le 2 septembre.

Pour en savoir plus, "Luchon Mag" a rencontré Alban Dubois.

Fils d'un père militaire, Alban Dubois est né en Allemagne au gré d'une mutation :
"Je ne sais pas vraiment d'où je suis mais ce que je sais, c'est que je suis bien à Melles !"

Pratiquant la montagne depuis longtemps, il est tombé amoureux de la région choisissant d'y passer vacances et temps libre pendant dix ans avant de s'y installer, il y a un an.

"Melles est une jolie commune sauvage d'une centaine d'habitants, qui est à l'origine de la réintroduction de l'ours. Nous avons quatre ours en permanence et le réseau ours est très actif".

Comment cohabite-t-on avec l'ours à Melles ?

 S'il n'y avait pas Melles, il n'y aurait pas d'ours dans les Pyrénées. Dans l'ensemble, il est à peu près bien accepté bien qu'il ait été un peu imposé aux éleveurs. Il faut se souvenir qu'il y a vingt ans l'ours était synonyme d'emplois sur ce canton très défavorisé, hélas ! Aujourd'hui ces emplois sont inexistants. Il faut peut-être détruire certains clichés : les randonneurs demandent toujours s'il est dangereux, que faire si on le rencontre. S'il peut les dévorer !
L'ours est un animal dont l'alimentation varie d'un animal à l'autre mais aucun n'est homophage !

La situation de l'animal le rend inaccessible pour les humains. Il est extrêmement difficile de le voir. Personnellement je ne l'ai jamais vu. Il a un odorat extrêmement développé et il y voit très peu.
En présence de l'homme, l'ours fuit.

Pour avoir une toute petite chance de le croiser, il faut suivre les troupeaux de moutons ! Boutade, puisqu'on dit qu'il les attaque. Ce n'est pas systématique mais dire qu'il vit en harmonie avec les moutons, c'est de l'utopie. Ça fait partie du folklore local.

S'il a peur de l'homme, il suffit qu'il y ait des bergers...

Il y a deux bergers à Melles et il y a des patous qui sont d'une efficacité redoutable. L'ours demande une attention particulière de la part des bergers. Le soir, il faut réduire les espaces, rassembler les troupeaux et surveiller.

Pourquoi le camp de l'ours ? C'est une association ?

Non ! C'est une démarche privée avec un assemblage de compétences pour créer des activités touristique en relation avec les richesses issues de cet animal. Le camp de l'ours, situé sur le GR10, au lieu-dit "Menjolet", est un bivouac avec une zone d'éducation à l'environnement montagnard.

En quoi consiste votre projet ?

Trois activités seront proposées :
  • une zone de bivouac avec toilettes sèches, douche, cuisine, eau .
Les gens veulent bien tenter des expériences sauvages mais avec un certain confort ! 
  • la création d'un refuge dans une grange existante à destination des randonneurs mais en gestion libre. L'originalité de ce refuge c'est qu'on pourra y trouver des plats savoureux prêts à déguster en pleine nature. Il sont confectionnés sous vide par le chef cuisinier de la Gentilhommière à Fos. Un restaurant très renommé. Il suffira de tremper les sachets dans de l'eau chaude pour les "préparer" et se régaler
La gastronomie même "au bout du monde" !  c'est l'appellation qu'utilise les gens pour désigner Melles. Car, on ne vient pas à Melles par hasard et on ne peut pas aller plus loin si ce n'est avec une bonne paire de chaussures de montagne et un sac à dos. Pour accéder au camp de l'ours on  termine par vingt minutes à pied.
  • La création d'un poste d'observation faunistique dans un parc naturel et sauvage, sans clôture. Cette zone fonctionnera toute l'année, en fonction de la météo.
Nous avons la chance inouïe de vivre dans un vrai sanctuaire écologique.

Vous n'avez pas invité Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique ?

Ah ! S'il veut venir, c'est avec plaisir que nous l'accueillerons !

Quel est votre objectif ?

C'est d'animer des séances d'éducation à l'environnement montagnard. Je mutualise des compétences et tout le monde reste indépendant.

Par définition, l'ours reste le produit d'appel attractif mais ce n'est pas un thème unique exhaustif.

Nous avons les isards, les cervidés, les galiformes, la végétation, la forêt. Je m'insère dans une démarche beaucoup plus globale.

Nous avons une richesse extraordinaire. Le grand tétras, le lagopède qui est relativement rare, sont présent sur notre territoire. Nous sommes une des rares communes où le grand tétras est chassable. Cela-dit, pour la petite histoire, depuis deux ans aucun n'a été tué.

Vous sélectionnez les chasseurs maladroits ! L'accès au territoire est sanctionné par un test de maladresse ?

Les chasseurs de Melles sont très respectueux de l'environnement, ils sont conscients de la richesse de leur territoire.

Le camp de l'ours présente une dernière particularité... 

Oui ! Il fonctionnera en gestion libre. Il n'y aura pas de caissière à l'entrée ni nulle part. Le droit d'entrée est de cinq euros que les gens déposeront dans la caisse mise à leur disposition tout comme ils paieront ce qu'ils ont consommé.

Mais le Français est naturellement resquilleur...

C'est une formule qui fonctionne très bien à l'étranger, il faut inculquer ce savoir-vivre aux Français...
 
Parallèlement à sa passion pour l'écologie, Alban Dubois exerce une profession, il est consultant dans l'industrie. Industrie, écologie... Je lui fais remarquer que cette juxtaposition est surprenante.

"La vie est faite de paradoxes. A la montagne, on ne peut qu'exercer une activité écologique mais mon activité hors montagne n'est pas qu'alimentaire, j'y prends beaucoup de plaisir" explique-t-il en développant ses actions qui consistent essentiellement à former des chefs d'entreprises et des managers à la valorisation positive, à accompagner des salariés pour qu'ils associent le plaisir au travail.
Alban Dubois, "distributeur de plaisirs" donne un prochain rendez-vous aux lecteurs de "Luchon Mag" pour développer plus avant cette philosophie de la vie éducative et professionnelle qui sera, pour lui "la base de la prochaine révolution économique".

Propos recueillis par Nadyne Vern-Frouillou

Paillote cuisine (Photo © A.D.)
Paillote cuisine (Photo © A.D.)

Table et paillote cuisine (Photo © A.D.)
Table et paillote cuisine (Photo © A.D.)


Evier cuisine (Photo © A.D.)
Evier cuisine (Photo © A.D.)



1.Posté par Godillot le 13/07/2017 18:53
...L'originalité de ce refuge c'est qu'on pourra y trouver des plats savoureux prêts à déguster en pleine nature. Il sont confectionnés sous vide par le chef cuisinier de la Gentilhommière à Fos. Un restaurant très renommé...

Quel chef cuisinier ???
Et pour le "Très renommé" no comment

2.Posté par Olivier B le 15/07/2017 07:32
Bonjour. Je connais bien le GR 10 et je peux vous assurer que ce pseudo-bivouac est d'une belle con**rie ! C'est bien pour les cou**lons de 19 ans. Quand on regarde les photos, on n'a vraiment pas envie de faire une halte là-dedans, surtout pour bouffer on-ne-sait-pas-quoi en sachet !
Ce monsieur est un de ceux qui se prennent pour de vrais Pyrénéens mais il n'a rien compris du tout au GR 10 ni à l'esprit randonneur. Ce ne sera pas la première expérience de ce genre qui périclitera : on en a vu d'autres, et ça ne perdure pas.
Pas besoin d'un "poste d'observation" dégoûtant non plus, pour voir les animaux sur le GR 10 !
Encore une belle stupidité destinée à saccager un peu plus la belle nature de nos Pyrénées. C'est juste scandaleux.

3.Posté par Godillot le 15/07/2017 09:10
@OlivierB
T'inquiètes
Un bon hiver bien neigeux, et la gomme sera passée... ;-)
Pour ce qui est des sachets. La non réponse à ma question en dit long...

4.Posté par NINA le 20/07/2017 10:57
"Pour échapper à la critique, ne rien faire, ne rien dire, n'être rien."

Citation de Elbert Hubbard ( artiste, écrivain et philosophe américain )

Il en est ainsi dans nos vallées et montagnes ....

5.Posté par Godillot le 22/07/2017 23:00
@NINA
Heureusement qu'il y en a, qui écrivent et... réfléchissent pour vous. ;-)

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