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Au Rex, ciné débat autour de la coopérative alimentaire "Food Coop"

Ce documentaire, réalisé par Tom Boothe, nous raconte l'histoire d’un supermarché géré par une coopérative...



Mercredi 21 Décembre 2016


(Photo DR)
(Photo DR)
Mardi 27 décembre, le cinéma REX organise une projection débat autour du film "Food Coop", en présence d’Hernan Mazzeo, assistant de production à "Lardux Films".

"Food Coop" du réalisateur Tom Boothe, raconte l'histoire de cette incroyable coopérative alimentaire autogérée new yorkaise la "Park slope food coop".

Fondée en 1973, c'est sans doute l’expérience coopérative la plus aboutie aux Etats-Unis. Le principe de cette coop sans actionnaires ni capital ; ses 16.000 clients membres donnent 3h mensuelles, en échange ils bénéficient de produits alimentaires de qualité exceptionnelle et à des tarifs très bas.

"Un exemple de socialisme dans l'ombre de Wall Street qui lutte contre la malbouffe et l'exclusion sociale."

Tom Boothe emmène le spectateur à la rencontre du quotidien de ces coopérateurs : tenir la caisse, réceptionner la marchandise, raccompagner les acheteurs. Des coopérateurs qui livrent leurs réflexions et une réponse aux tensions sociales qui gangrènent les États-Unis.

"Excellent documentaire qui ‘bousculera votre conception de la consommation'. La ‘Food Coop’, en plein Brooklyn, ne cesse de croître et de séduire de plus en plus de monde depuis 1973. Vous direz peut-être ‘Ce n’est pas chez nous alors ça ne m’intéresse pas !’ Et bien si justement…"

Prenant exemple sur le modèle de la Park Slope Food Coop, le réalisateur Tom Boothe (américain vivant à Paris) est également l'un des initiateurs de LA LOUVE, premier supermarché coopératif, autogéré et participatif de Paris qui vient d’ouvrir ses portes à Paris sur le même principe.

Un film inspirant qui donne à réfléchir, à débattre…
 

Ciné débat, côté pratique :

Cinéma Rex
Mardi 27 décembre à 21h
Tarif : 7,50€
Dégustation de vins bio à l'issue de la projection offert par le cinéma
(Photo DR)
(Photo DR)

Interview de Tom Boothe

Tom, comment es-tu tombé sur cette Coopérative ?
 
Je suis américain et je vis à Paris. J’ai des amis de longue date à Brooklyn qui sont membres de la Park Slope Food Coop et à l’occasion d’une visite, ils me l’ont fait découvrir. Il y a une ambiance dans la Coop très énergique mais pas du tout commerciale. Je me suis dit que ce serait bien de faire un documentaire sur ce phénomène, parce que c’est quand même un phénomène. Quand on découvre une coopérative comme celle-là, on se rend compte à quel point on est habitué à entrer dans des zones marchandes où on est littéralement attaqué par le marketing. Et là le poids du marketing est totalement absent. Je crois que ce n’est pas une ambiance différente, c’est juste une ambiance naturelle qui est dévoilée par la Coop, parce qu’on a enlevé tous les côtés commerciaux et capitalistes. On n’est plus du tout habitué à ça.

Comment as-tu été reçu par les membres coopérateurs pendant le tournage ?

Ça s’est très bien passé, bien que ce soit un endroit très difficile à filmer parce que tu ne parles pas avec le chef pour demander « est-ce que je peux filmer ? ». Il n’y a pas un chef, parce qu’il y en a 17 000 ! Et donc parfois ça compliquait les choses. C’était aussi très difficile parce que ça ne les intéresse pas d’être filmés. Ça fait partie de leur absence de séduction, de marketing, etc. Ils m’ont laissé filmer parce qu’en même temps j’étais en train de monter La Louve, une coopérative basée sur le même modèle, ici à Paris.

Donc, tu as tourné ce documentaire et développé le projet de La Louve en même temps ?

Je suis arrivé en France en 2002 et j’ai commencé les recherches pour le film en 2008 / 2009. Quand j’ai vu la Coopérative à New York, je me suis dit : c’est à la fois un superbe sujet de documentaire mais j’ai aussi envie de faire mes courses dans un endroit comme ça en France ! Ça a été long : il fallait voir si le projet de La Louve était légalement possible en France, et c’était compliqué pour la production du film, comme n’importe quel film : trouver des financements, un diffuseur (c’est grâce à la chaîne associative Télé Bocal que le film existe) etc. Du coup, le film fait partie de La Louve et La Louve fait partie du film.

Comment est réparti l’argent que génère la Park Slope ?

C’est une organisation très classique à but non lucratif, c’est-à-dire que quand il y a des bénéfices – et là-bas c’est très rentable – ils réinvestissent tout dans le supermarché. Ils ont quasiment épuisé les possibilités d’investissements tant ça marche ! Ils ont acheté des frigos les plus écolos possibles, tout est neuf. Ils pensent à baisser les prix des produits et ils font des investissements ailleurs. Par exemple, ils ont créé un fonds qui prête de l’argent aux petites coopératives sur leur modèle, mais uniquement aux États-Unis.

Une des critiques entendues sur la Park Slope est que "c’est un endroit de bobos".

Non, ça c’est pas vrai. Il y a des bobos, mais comme il y a des bobos dans n’importe quelle ville. À Park Slope on trouve toutes les classes sociales, sauf les personnes en grande précarité. Dans toutes les classes sociales, on trouve des gens qui s’intéressent à la qualité de leur alimentation. Dans les années 70 ce n’était pas une préoccupation du grand public, mais maintenant ça l’est, autant que le bio par exemple.

On voit des gens vraiment heureux dans le film – est-ce parce qu’ils se sentent écologiquement et économiquement impliqués ?

Dans le film j’aime beaucoup cette femme qui est membre depuis assez peu de temps, et qui dit "maintenant que je vais à la Park Slope, quand je vais ailleurs, j’ai l’impression d’être à Disneyland, ça fait faux". Depuis les crises économiques de 2008, la forte augmentation du nombre de membres est liée, je crois, à une nouvelle génération qui me donne de l’espoir pour les États-Unis (et je n’ai pas beaucoup d’espoir pour ce pays…). Cette génération a été très nombreuse à voter pour Bernie Sanders qui se dit "socialiste". Il y a quatre ans encore, ce n’était pas possible de dire "je suis socialiste" et que des personnes votent pour vous. Mais d’entendre cette femme nous dire "le capitalisme nous rend malade", c’est quelque chose de rafraîchissant. L’espoir, c’est qu’il y ait des personnes pour dire : "Là on échappe à tout ça et on fait nous-mêmes". C’est ça qu’on adore. Les fondateurs de la Park Slope ne sont pas contre le monde : ils critiquent le fonctionnement des supermarchés tel qu’il existe, et tout ce qu’ils demandent c’est : "Laissez-nous faire et nous on va faire mieux que vous". Et c’est ce qu’ils font.

Cette belle énergie est-elle uniquement américaine ?

Les Français l’ont aussi ! Quand vous avez l’occasion de faire quelque chose, vous le faites ! On est que deux ou trois Américains à La Louve, le reste ce sont des Français. Des Français pragmatiques !

Ce modèle coopératif existe-t-il déjà en France ?

Il y a en France une tradition de coopératives de consommateurs qui date du 19ème siècle. La chose qu’on ajoute, c’est le côté participatif. Mais ce n’est pas nouveau, les crèches parentales et aussi les sites de camping qui étaient fondés par la Maif dans les années 30 ont le même fonctionnement. Ce qui est nouveau, c’est qu’on applique ce modèle à un supermarché.
 
(Interview extrait du dossier de presse)
(Photo DR)
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