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Auzas, plus proche de la Mongolie que de Luchon ?

Rencontre avec René Savelli, maire désabusé par le découpage cantonal...



Vendredi 17 Mars 2017


René Savelli, maire d'Auzas et président de l'association départementale des maires de communes rurales (Photo DR)
René Savelli, maire d'Auzas et président de l'association départementale des maires de communes rurales (Photo DR)
Auzas, petit village-rue de 250 habitants, entre Saint-Martory et Aurignac vivait paisiblement au sein de son petit canton et de sa petite communauté de communes aux contours sensiblement communs.

"Luchon Mag" s'était déjà intéressé à cette commune pour l'originalité de son jumelage avec Bulgan, un village de Gobi au sud de la Mongolie. (Lire ici)
 
Si la Mongolie semble (presque) proche aux habitants d'Auzas, il n'en est pas de même pour Luchon, leur nouveau chef-lieu de canton.

"Aujourd'hui, explique son maire, René Savelli, notre canton est tellement grand qu'on ne peut plus se rencontrer entre élus, nous étions douze communes réunis autour de Saint-Martory, mais maintenant, c'est tellement énorme, cent cinquante communes... cent trente deux rectifie son épouse. Vous voyez, je ne sais même pas combien nous sommes exactement, c'est tellement inhumain, poursuit le maire, on peut dire que les cantons ont disparu. L'identité locale est complètement diluée, ça n'a plus aucune signification. Je ne sais même pas avec qui je cohabite. Même problème avec la communauté de communes : cinquante cinq maires autour d'une table, comment voulez-vous discuter, échanger ? Nous étions réunis dans un bassin de vie, maintenant c' est un conglomérat de 35.000 individus, un chiffrage sans âme imposé par l'état... Les six nouvelles communautés de communes forment l'immense canton de Luchon. Parce ce que Luchon est la plus grosse commune, elle est chef-lieu de canton mais elle est complètement excentrée. On éloigne de plus en plus le citoyen du décideur. Avant nous allions à Saint-Martory puis il a fallu se diriger sur Salies-du-Salat pour la communauté de communes. A Luchon, nous n'irons jamais ! Le déplacement nous est imposé au moment des élections, il faut y apporter les vote . Mais imaginez ce que ça donnerait s'il y avait des élections l'hiver, voyez le problème."

Et René Savelli de poursuivre :

"Nous avions 6 conseillers généraux, nous n'en avons plus que deux, un à Barbazan, l'autre à Salies. Vraiment, nous n'avons vraiment rien à faire à Luchon...

La réaction des administrés ?

"Déjà la communauté de communes, ça ne les passionnait pas, mais ça restait un service de proximité, quant à la super communauté de communes, ils ne connaissent pas, c'est loin de leurs préoccupations. Moi même, je ne sais pas le nom de l'intercommunalité grand format qui réunit le Haut Comminges, Saint-Béat et Luchon. Nous, Saint-Martory, Salies et Aspet, c'est Cagire-Garonne-Salat..."


Propos recueillis par Nadyne Vern-Frouillou

Auzas, agréable village qui se la "coulait" douce avant d'être englouti dans le canton XXL de Luchon (Photo DR)
Auzas, agréable village qui se la "coulait" douce avant d'être englouti dans le canton XXL de Luchon (Photo DR)


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