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Chronique littéraire : "Connaissons-nous vraiment l’Histoire de l’Occitanie ?", rencontre avec Gérard Veyries

Rencontre avec Gérard Veyries, auteur de "L’Apocalypse de la Terre d’Oc".



Vendredi 14 Juillet 2017
Robert Linas


Gérard Veyries
Gérard Veyries
Gérard Veyries, vous êtes auteur d’histoire locale et régionale, membre du site 7alire, on ne vous présente plus puisque déjà vous avez fait l’objet d’une intervention dans "Luchon Mag" du 29 novembre 2015. Alors pourquoi cette nouvelle démarche ?

Je me suis posé cette interrogation : Connaissons-nous vraiment l’Histoire de l’Occitanie ?

Surtout en ce moment où notre région ne s’appelle plus Midi-Pyrénées, mais nouvellement rebaptisée "Occitanie", dans le cadre des collectivités territoriales. Puis, lors de mes activités culturelles, je me suis rendu compte que son Histoire était mal connue.

Bien évidemment, il faut évoquer le Moyen Âge avec :
  • Le développement d’une littérature d’un genre nouveau, La fin amor, que l’on appelle la poésie courtoise qui s’adresse à un public de cours seigneuriales. Elle sera l’œuvre de Trobadors, dont le thème général sera l’amor de la Dòna.
  • Puis, vint les croisades menées contre la secte albigeoise où cette société médiévale voit se développer une contestation autour de la richesse du clergé. Ce sera un retour vers le christianisme des origines, la pauvreté sera développée par des prêcheurs, fauteurs de trouble. Pour l’Église romaine, ces derniers sont des hérétiques qu’elle nomme Kataros, (des purs). Cette doctrine trouve un écho en Occitanie et se développe rapidement, à tel point, qu’en 1209, le pape Innocent III, lance avec l’aide du bras séculiers capétien, une croisade. La première et la seule en terre chrétienne contre une population qui se dit justement chrétienne. Sans renter dans le détail de l’Histoire, ces opérations militaires, ravageront, le pays de langue occitane, qui se terminera qu’en 1229, soit après vingt années de conflits.
  • Par la suite, l’Inquisition mise sur pieds par l’Église catholique romaine, épurera toute l’Occitanie en organisant la terreur et la délation. Dès cet instant, les structures sociales et les libertés publiques qui avait vu éclore le trobar, seront écrasées.
Bon, mais tout ceci, c’est du passé. Quel est l’avenir ?

Effectivement, l’Histoire appartient au passé. Mais : Savoir d’où l’on vient, savoir qui l’on est et savoir d’où l’on va, cet adage appartient au passé et pourtant, il est plein de bon sens.

Le renouveau vient directement de nos racines, regardez déjà en 2017 le nom de la nouvelle région Occitanie. Puis les accords de cette région pour l’enseignement de la langue occitane au travers de cinq Académies (Bordeaux, Limoges, Poitiers, Toulouse et Montpellier), sans oublier quelques associations qui font des efforts culturels pour faire redécouvrir la langue des troubadours.

L’Occitanie se tourne aussi vers l’avenir, par un développement Européen, avec l’Euro-région qui regroupe la région d’Occitanie, les communautés autonomes de la Catalogne et les îles Baléares.

De ce regroupement, j’y vois un fait historique ; pour cela, il faut remonter à la bataille de Muret en 1213, où le roi d’Aragon Pierre II avait rendez-vous avec la mort.

Alors on peut se poser la question, pourquoi un roi d’Espagne était venu guerroyer en terre occitane aux côtés de son beau-frère le comte de Toulouse Raimond VI ?

Tout simplement parce que ce roi avait réussi à faire une grande couronne, de Janvier 1213 à septembre 1213, en prenant sous sa protection, l’Occitanie, l’Aragon et la Catalogne.

Bien évidemment à cette bataille, les Capétiens ont vite fait de le faire éliminer.

Voyez que le passé, le présent et l’avenir sont liés et ont un sens.

Mais d’où vient le mot Occitanie ?

Là aussi, il faut remonter au Moyen-Âge avec Alighieri Dante (1265-1321) poète, homme politique et écrivain, originaire de Florence, Italie.

À cette époque, il a déterminé les peuples européens sur un seul mot, le OUI.

            Jo, pour l’Alamanni,
            Si, pour Latini,
            Oïl, pour la Franci,
            Oc, pour Provinciales (ancienne Septimanie) et Yspani. Voyez là aussi, que nous sommes liés à l’Espagne.

Mais déjà on trouve une formule In partibus Occitaniae , dans des documents capétiens dès 1271.

Pour faire plus simple, au Nord de la Loire ce sera la langue d’Oïl et au Sud, ce sera la langue d’Oc.

En conclusion ?

Je dirai tout simplement que l’Occitanie a une âme et ce n’est pas forcément celle de l’Histoire de France. Puis, évoquer ses racines, ce n’est pas revenir au Moyen Âge.
Pour ce petit rappel, je ne peux que renvoyer le lecteur à mon ouvrage intitulé : L’Apocalypse de la Terre d’Oc.

Chronique littéraire : "Connaissons-nous vraiment l’Histoire de l’Occitanie ?", rencontre avec Gérard Veyries

Robert Linas
Robert Linas

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