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Chronique littéraire : rencontre avec Elyssa Bejaoui, auteure jeunesse

Rencontre avec Elyssa Bejaoui, auteure jeunesse, qui vient de publier son dernier album "Le dragon et la petite fille".



Samedi 17 Juin 2017
Robert Linas


La romancière Elyssa Bejaoui (Photo DR)
La romancière Elyssa Bejaoui (Photo DR)
Vous écrivez à la fois des romans et des albums pour enfants. Pour quelle raison ?

Parce que j’aime ces deux formes d’expression ! Le roman me permet de développer des personnages en profondeur, de construire un récit complexe dans lequel s’enchevêtrent de nombreux événements. Écrire pour les petits, en revanche, m’oblige à la concision ! En outre, cela me permet de m’amuser avec la langue, de travailler en alexandrins par exemple.
 
Comme dans Le dragon et la petite fille, votre dernier album. Pourquoi avoir choisi de le raconter en alexandrins ?

J’ai choisi d’écrire ce conte en alexandrins, comme certaines fables classiques, par attrait pour leur musique, qui m’a toujours plu. Ce type de texte génère beaucoup de répondant chez les enfants, qui adorent les comptines rimées. On trouve actuellement peu de ce type d’histoires, et j’ai eu envie d’en créer de nouvelles, mais plus modernes : malgré les alexandrins, le texte est drôle et facilement accessible, et l’histoire, moins "moralisatrice" que par le passé, incite à défier l’ordre établi !
 
Vous en êtes à la fois l’auteure et l’illustratrice ?

Tout à fait, j’écris et je dessine, mais avec différentes approches selon mes livres.
Pour Le dragon et la petite fille, que je conseillerais dès cinq ans, j’ai réalisé l’ensemble des illustrations.

Pour Tortue et l’arbre magique, un autre album, destiné aux plus de deux ans, je me suis inspirée de dessins d’enfants de maternelle. Ce petit livre poétique aborde le thème du rêve grâce à des illustrations très colorées. Il constitue une bonne occasion de parler de ce concept : les rêves que l’on fait quand on dort, ceux que l’on nourrit dans son cœur.
 
Vous avez également illustré la très belle couverture de votre roman, Alice chevauche la tempête.

C’est exact, et j’ai pris énormément de plaisir à le faire ! Cette couverture évocatrice rassemble beaucoup des thèmes du livre, et j’encourage vivement les lecteurs à l’observer une fois leur lecture finie !
 
Pour quelles raisons avez-vous écrit ce roman ?

Je m'intéresse aux femmes, leur force, leur résilience, et cette étrange manière qu'elles ont de se mettre en retrait, au travail, en amour. J'avais envie d'aborder ces sujets dans un roman, mais avec fantaisie, légèreté et humour. C'est ainsi qu'est née Alice, une femme forte, énergique et constructive, extrêmement séduisante, qui malgré tous ses atouts, s'empêche d'avoir prise sur sa vie. C'est cette ambivalence, un terme qu'on retrouve dans le texte à un moment critique, que je voulais décrire.
 
Le livre opère un mélange des genres, entre satire professionnelle et comédie romantique.

Je voulais proposer un texte différent, original et rafraîchissant, mêlant fantaisie et profondeur. Le livre réunit des situations graves, parfois terribles, et d'autres légères, piquantes, voire franchement cocasses. La vie n'est pas centrée autour d'un seul sujet ! Mon livre non plus. Je voulais cette richesse, étrange, parfois improbable, cet enchevêtrement qui constitue la matière de toute existence.
 
Le livre mêle également les arts : le cinéma, la musique...Et le roman lui-même, dans son découpage, son rapport au son, fait appel à la vue et l'ouïe.

Je voulais que l'histoire prenne vie dans l'esprit du lecteur, qu'il puisse la visualiser très précisément. Je me suis donc attachée à la raconter de manière à ce que les images naissent, et se déroulent, comme un film. L'élément sonore est donc très important lui aussi, il me fallait une bande-son ! On entend ce livre presque autant qu'on le voie.

Le pont avec le cinéma et la musique était donc presque immédiat. C'est tout naturellement qu'ils se sont immiscés dans le récit, jusqu'à constituer de vrais enjeux dans l'intrigue elle-même.
 
Et le livre mélange aussi le temps !

C'est un des thèmes centraux, en effet. Le temps qui passe, qui bute parfois sur des événements clés. Le livre joue autour de cette notion, même dans la narration, dont le présent se déroule au passé, et le passé au présent, jusqu'à...mais il ne faut pas trop en dire !
 
À quel public s'adresse cet ouvrage ?

Ce livre s'adresse à un large public, car il aborde des thèmes universels : la difficulté d'être, celle de trouver un sens à sa vie, la complexité des rapports familiaux et professionnels. Beaucoup de lecteurs se reconnaissent dans divers aspects du livre, et pas seulement des femmes !
Je pense que ce livre peut aussi trouver son public chez les jeunes adultes, voire les adolescents : cette plongée dans l'univers d'une quarantenaire un peu désabusée les fera réfléchir sur leurs choix à venir.
 
Quels sont vos projets pour le futur ?

Je travaille actuellement sur un nouveau roman, qui sera disponible à l’automne. En parallèle, je développe différents univers, pour des sagas jeunesse, ainsi qu’un nouvel album pour enfant.

Chronique littéraire réalisée par Robert Linas 
Président Fondateur de l'association 7 à lire !   www.o-p-i.fr/7alire
 
 

Chronique littéraire : rencontre avec Elyssa Bejaoui, auteure jeunesse


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