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Découverte de l'art roman commingeois : l'église de Saint-Aventin

Une sortie organisée par l'Office de Tourisme Intercommunal de Luchon, par la "chargée de visites", Nathalie.



Jeudi 5 Octobre 2017
Nadyne Vern-Frouillou


Au pied de l'église paroissiale de Saint-Aventin, la guide Nathalie commence la présentation en contant la triste histoire du berger Aventin (Photo NVF)
Au pied de l'église paroissiale de Saint-Aventin, la guide Nathalie commence la présentation en contant la triste histoire du berger Aventin (Photo NVF)
Etait-ce un critère de recrutement ? Mais la guide de l'office de tourisme de Luchon s'appelle Nathalie, comme celle de Gilbert Bécaud !
Cependant, je rectifie pour ne pas heurter sa modestie et surtout la réglementation très stricte des guides-conférenciers, Nathalie n'est pas guide explique-t- elle mais "chargée de visites".

Au diable les titres officiels, les seize personnes pour qui elle a commenté les visites des églises romanes de Saint-Aventin et Cazeaux-de-Larboust, que propose l'Office de Tourisme Intercommunal de Luchon (OTIL), étaient enchantées par sa compétence et sa gentillesse.

N'est-ce pas là l'essentiel ?

Quel plaisir en effet de l'écouter, elle ne récitait pas sottement et elle a fait preuve d'une agréable motivation pour cette toute nouvelle fonction. Nathalie a captivé l'auditoire, sans pédantisme aucun, en donnant un magistral cours d'architecture romane, se faisant même conteuse talentueuse pour faire revivre les légendes de Saint-Aventin, Sainte-Germaine de Pibrac ou Saint-Christophe.

Si l'ensemble des participants qui s'attendaient à visiter cinq ou six églises étaient un peu déçus au départ du bus, ils comprirent, dès le premier arrêt à Saint-Aventin, que vu la richesse d'informations fournies, il était tout à fait logique que seuls deux édifices soient au programme de l'après-midi.
Cela permettra un plus grand nombres de "virées romanes" avec, à chaque fois, des églises différentes, offrant une diversité qui manque un peu, il faut bien le dire, sur l'ensemble des sorties proposées par l'Office de Tourisme qui joue dans un répétitif qui lasse les habitués.

Nous savons déjà qu'à l'occasion de la journée médiévale de Garin le 22 octobre, Nathalie prépare une visite de la chapelle de la Moraine.

Première étape : Sainte-Marie devenu Saint-Aventin où contrairement à ce que plusieurs visiteurs pensaient, on ne s'arrêta pas à la célèbre petite chapelle édifiée dit-on à l'endroit même où sauta le Saint Ermite local (la trace de son pied en fait preuve) après avoir réussi à fuir de la tour de Castel Blanca ou ses geôliers maures l'avaient emprisonnés.

C'est au sommet du village, là où s'arrêta le bœuf tirant la charrette portant le corps de Saint-Aventin découvert par hasard que Nathalie fit grimper les touriste-curistes pour découvrir l'insolite église paroissiale à deux clochers tours, typique de l'art roman pyrénéen.

L'église, édifiée au premier âge roman (XI° siècle) présente une architecture très intéressante où alternent bandes lombardes (ensemble composé de lésènes ou pilastres et d'arcatures) et de nombreux "décors" insolites d'auges cinéraires, autels votifs et sculptures en bas relief utilisés en remploi.

Classique de l'art roman, le tympan du porche d'entrée présente un Christ en majesté ceint de sa mandorle et entouré du tétramorphe (les quatre évangélistes et leurs symboles respectifs : le lion de Marc, le taureau de  Luc, l'homme de Matthieu et l'aigle de Jean).

Côté cimetière, l'abside entourée de deux absidioles donnent beaucoup de cachet à l'église renforcée côté montagne par un curieux contre-fort-tunnel.

A l'intérieur de l'église bâtie selon le traditionnel plan basilical (la nef est cependant enrichie de deux collatéraux)un bénitier, œuvre d'un sculpteur local attire immédiatement le regard mais c'était probablement une cuve baptismale explique Nathalie en montrant une autre sculpture accrochée à la paroi opposée qui devait lui servir de pesant couvercle. 

Comme souvent, des badigeons apposés pour cacher ont servi de protection à des décorations peintes révélées à la fin du XIX° siècle lors de travaux importants de restauration. 

Pour répondre à une "colle" posée à Nathalie, précisons que les véritables fresques sont réalisées sur un enduit frais, la détrempe avec des peintures à la colle. 

"Luchon Mag" ne révèlera pas l'ensemble des détails qui font le charme de l'église de Saint-Aventin invitant plutôt ses lecteurs à suivre la très intéressante visite commentée par Nathalie.
Dans une prochaine édition, "Luchon Mag" poursuivra la visite avec Nathalie à l'église de Cazeaux-de-Larboust.

Due à la générosité de Monseigneur d'Astos qui l'offrit à l'église en 1838, la chasse d'ébène protège les reliques de Saint Aventin (Photo © NVF)
Due à la générosité de Monseigneur d'Astos qui l'offrit à l'église en 1838, la chasse d'ébène protège les reliques de Saint Aventin (Photo © NVF)

Une étonnante auge cinéraire (contenant des cendres et non des ossements mais aussi des bijoux des défunts / deux sculptures) utilisée en remploi (Photo © NVF)
Une étonnante auge cinéraire (contenant des cendres et non des ossements mais aussi des bijoux des défunts / deux sculptures) utilisée en remploi (Photo © NVF)

Le porche a été construit  vers la fin du XII° siècle. N'oublions pas qu'à cette époque on ne construisait pas une église en quelques mois ! (Photo © NVF)
Le porche a été construit vers la fin du XII° siècle. N'oublions pas qu'à cette époque on ne construisait pas une église en quelques mois ! (Photo © NVF)

Chapiteau d'entrelacs et chapiteau historié/bande sinon dessinée du moins sculptée de l'époque pour raconter la bible aux fidèles qui ne savaient pas lire (Photo © NVF)
Chapiteau d'entrelacs et chapiteau historié/bande sinon dessinée du moins sculptée de l'époque pour raconter la bible aux fidèles qui ne savaient pas lire (Photo © NVF)

Etonnant contrefort composé de huit voûtes entre l'église et la montagne qui protégeait aussi de l'humidité (Photo © NVF)
Etonnant contrefort composé de huit voûtes entre l'église et la montagne qui protégeait aussi de l'humidité (Photo © NVF)

Très fréquents en Comminges,"penaus" et "capucine", en montant à l'église : ils n'ont rien de roman mais ont aussi intrigué les visiteurs (Photo © NVF)
Très fréquents en Comminges,"penaus" et "capucine", en montant à l'église : ils n'ont rien de roman mais ont aussi intrigué les visiteurs (Photo © NVF)


(Photo © NVF)
(Photo © NVF)

Nadyne Vern-Frouillou
Nadyne Vern-Frouillou

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