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Jean-Luc Rivière, candidat UDI/LR : "si je suis élu à l'assemblée c'est pour travailler pas pour jouer avec son équipe de rugby"

Rencontre avec Jean-Luc Rivière, candidat UDI avec le soutien "Les Républicains" dans la 8ème circonscription de la Haute-Garonne, celle du Comminges/Savès.



Mardi 6 Juin 2017


Jean-Luc Rivière, candidat UDI/LR en Comminges/Savès (Photo DR)
Jean-Luc Rivière, candidat UDI/LR en Comminges/Savès (Photo DR)
Parmi les 13 candidats aux prochaines élections législatives dans la 8° circonscription de la Haute-Garonne, celle du Comminges-Savès, "Luchon Mag" reçoit aujourd'hui Jean-Luc Rivière, UDI (Union des Démocrates et Indépendants) mais qui porte aussi les couleurs des Républicains (LR).
 
La tendance est au nouveau candidat en politique, Jean-Luc Rivière l'est en partie puisque il brigue son premier mandat de député, il a cependant quelque expérience, il est,en effet, conseiller municipal à Cazères et membre du conseil communautaire (deux postes qui autorisent le cumul. Il fut aussi conseiller régional de 2010 à 2015. Un mandat qu'il n'a  volontairement pas voulu renouveler avec Dominique Régnier car, dit-il "Il y a un moment dans la vie où il faut suivre le chemin qui soit dans la continuité du sillon qu'on a voulu tracer".

Quelques circonstances ont conduit le possible futur "nouveau" député, Jean-Luc Rivière, à entrer en politique ?

Je suis issu d'une famille modeste de Salies-du-Salat pour qui les valeur de la République étaient importantes. Depuis toute jeune, j'ai toujours eu la passion d'aider les autres, de les défendre si besoin était, d'essayer d'être utile. Ma vie d'élu a commencé au collège en tant que délégué de classe. J'ai connu aussi le travail : mes parents avaient une station-service, je les aidais et avec les pourboires, j'achetais des livres pour apprendre. J'avais une curiosité naturelle, une envie d'avoir un avenir prometteur et petit à petit la vie a évolué. J'ai pu faire des études supérieures (Droit et Sciences Po) et, avant de reprendre l'entreprise familiale, j'ai fait un long parcours dans des collectivités et des cabinets ministériels, ce qui aujourd'hui me permet d'estimer que je peux briguer un mandat de député.

Mais surtout pas plus , j'annonce la couleur tout de suite ! 

Je suis membre fondateur avec Jean-Louis Boorlo du Parti Radical en 2011. J'ai toujours été constant dans ma façon de percevoir les valeurs, ayant des référents familiaux qui marquent une vie. Je suis très attaché au devoir de mémoire qui honore ceux à qui nous devons d'être libres aujourd'hui. Je suis un européen plus que convaincu, avec une passion particulière pour les pays d'Europe de l'Est et je l'ai prouvé sur le terrain par de nombreux engagements dont la création une petite association humanitaire.  J'ai même été mis en prison en Hongrie pour avoir, avec des amis dissidents, empaqueté des statues de Staline en y joignant un panneau "retour à l'expéditeur". Je suis fier des relations que j'ai nouées là-bas.

A la Région, je fus fier que plusieurs de mes vœux aient été encouragés par tous les partis politiques. On peut être fier de petites choses qui entrent dans de grands programmes, par exemple avoir été un élément dont on pourra dire qu'il a contribué à la relance du projet du parc naturel régional.

Dans cette campagne vous promouvez aussi les valeurs des Républicains. Comment avez-vous vécu "l'affaire Fillon" ?

François Fillon c'est du passé. C'est quelqu'un qui a totalement disparu du paysage politique.
Mais quand on exige la perfection des autres, il faut soi-même s'entourer de gens irréprochables. Vous connaissez le dicton qui dit "La femme de César doit être exemplaire"? Sinon, il y a un effet boomerang. Et actuellement l'affaire Richard Ferrant le prouve...

Est-ce que vous pratiquez un humour caustique en annonçant que vous embaucherez TROIS attachés parlementaires ?

Je dis tout de suite que mon fils a une bonne situation et que je n'ai pas trois maîtresses ! Le nombre d'attachés parlementaires n'est pas limité, les députés ont une enveloppe financière qu'ils gèrent à l'envi. Cela représente 13/14.000 euros par mois. Avec ça, il y a moyen de payer le vrai travail de plusieurs attachés. Dans le cas de ma circonscription qui est immense, 283 communes dont 147 de moins de 200 habitants, sans aucun service, il est indispensable de répartir un service de proximité. Mes attachés disposeront d'une voiture-bureau (avec ordinateur, imprimante, etc...) pour aller vers les gens et les aider à résoudre leurs difficultés administratives.

On a perdu toute humanité, pour moi le député doit être un facilitateur. Il y a 85.000 personnes majeures dans la circonscription dont 35.000 retraités qui ne savent pas tous cliquer sur Internet ni sur les numéros du clavier du téléphone pour répondre aux consignes afin d'atteindre le bon bureau.

Le député est là pour ce supplément d'âme. J'en profite pour dire haut et fort que je suis vent-debout contre l'augmentation de la CSG qui va pénaliser les petites retraites. J'ai d'ailleurs choisi une suppléante retraité afin de mieux appréhender les difficultés qui touchent cette tranche de population. 

Population ou électeurs ? Au delà de ces précédents propos et exemples, quand vous racontez en détail, sur votre document de campagne, les difficultés de la vieille dame face à son comprimé à couper, est-ce pour montrer que vous êtes proche de la vraie vie de vos électeurs ou avez-vous une petite arrière-pensée pour vous attirez les faveurs sinon des 35.000 électeurs retraités du moins de ceux très nombreux qui se reconnaîtront dans cette situation ?

Non !  Bien sûr que non ! C'est ma conviction profonde. Il faut vraiment être au plus près des gens, il faut retricoter le lien entre les électeurs et les élus et il y a beaucoup de mailles à reprendre.

Ma circonscription montre très haut dans des zones ultra-rurales du territoire et la zone qui semble plus proche de Toulouse est presque plus isolée puisqu'il faut au moins 20minutes pour rejoindre Muret avant de mettre une heure et plus pour entrer dans Toulouse. Il est impératif d'adapter l'offre politique à chaque cas.

Mon mandat à la région m'a aidé à mieux connaître mon territoire et à être proche des gens.Je n'ai pas hésité à prendre la pioche pour aider des familles de Saint-Béat au moment des inondations qui ont ravagé leur maison et leur outil de travail.

Le député à une double fonction, locale certes mais aussi législative ? Quelle est celle qui prime pour vous ?

Les deux ! Moitié-moitié. Je suis actuellement administrateur du Centre national de la fonction publique territoriale ( CNFPT) mais je cesserai toute activité professionnelle pour me consacrer entièrement à ma tâche de député. Je veux être un député à plein temps. 

Votre feuille de campagne annonce "La compétence au service de tous", dans quels domaines vous jugez-vous particulièrement compétent ?

J'estime que mon parcours me permet de dire que j'ai une bonne formation pour être un bon parlementaire. Il faut être modeste mais conscient de ses aptitudes. J'ai une grande curiosité naturelle et ne m'interdit aucun débat, par nature, il faut être ouvert à tous les sujets.

Mon cursus professionnel ministériel m'a appris qu'il y a toute une part technique. On ne devient pas député du jour au lendemain, il faut un minimum d'expérience. Ce n'est pas parce qu'on a la passion d'un sport qu'on commence en entrant sur le terrain pour disputer la finale de la coupe de France.

Je devine que vous visez les 52% de candidats du mouvement de La République En Marche venant de la société civile (LREM) sinon directement votre adversaire dans la 8° circonscription.

Oui, c'est vrai, il y a une différence fondamentale entre nous deux. Les électeurs veulent que j'aille à l'Assemblée pour travailler pas pour jouer avec son équipe de rugby. 
 
J'ose un "Au foot , alors ?"  Jean Luc Rivière sourit et poursuit sa démonstration :
 
Pour moi, le travail de parlementaire est très sérieux. La seule chose à retenir dans la comparaison avec le sport, c'est l'endurance du débat parlementaire. Il faut être sans cesse vigilant et attentif pour être pointu le moment venu. Un débat, ce n'est pas deux fois 40 minutes. Il faut surtout être le meilleur au meilleur moment. Et parfois, ce moment, vous l'attendez pendant des heures.

Le fait d'avoir travaillé au ministère chargé des relations avec le Parlement m'a beaucoup appris : le ministre qui ne choisit pas librement son directeur de cabinet n'est pas en mesure d'exercer pleinement sa fonction.

Parce que j'ai toujours eu la volonté d'apprendre pour mieux servir, je pense que je peux mettre tous mes acquis au service de ma circonscription et au delà de la France car, ne l'oublions pas, c'est le député qui rédige les lois.

Comment avez-vous choisi votre suppléante ?  Puisque vous ne voulez pas être ministre, elle ne sera pas députée, alors quel sera son rôle ?

J'ai d'abord observé. J'ai laissé choisir tous mes adversaires et quand j'ai constaté qu'il n'y avait aucun suppléant qui représentait Saint-Gaudens qui est quand même la capitale du Comminges, j'ai décidé de proposer le poste à la représentante d'une très vieille famille commingeoise, connue et reconnue, une famille de sportifs (le stade porte le nom de son Père), et comme Françoise Boulet-Ribet est retraitée, elle représente vraiment une part importante de la circonscription.

Pour moi la suppléante est un personnage important, j'ai du mal à comprendre qu'un de mes adversaire ne fasse pas figurer la sienne sur son affiche.

Chacun créera ses liens, selon les débats abordés à l'Assemblée nationale, Françoise Boulet-Ribet fera remonter les informations du terrain qui me seront nécessaires pour étayer mes propositions.

Votre double feuillet de campagne est riche d'informations, de propositions. A une époque où les gens lisent peu, croyez-vous que votre document aura l'attention qu'il mérite ?

Il y a beaucoup de retraités et ils ont le temps de lire. Dans les toutes petites communes où rien ne se passe, les gens ont aussi le temps de lire. Je vous ai dit qu'un député devait s'adapter. Ce programme fourni en est une preuve. 

Pour clore cet entretien , avez-vous un message particulier à adresser ?

Oui! Pour saluer et remercier les militants qui font souvent un travail ingrat. Ce week-end, ils ont distribué les programmes de campagne, c'est un travail de fourmi. Un candidat leur doit beaucoup. On a beau faire le plus beau document du monde, s'il n'arrive pas dans les boites à lettres des gens, il ne sert à rien. Je renouvelle tous mes remerciements à tous les militants qui se dévouent et se dépensent sans compter.

Propos recueillis par Nadyne Vern-Frouillou

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