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Législatives : Interview de Joël Aviragnet, candidat PS

Ultime interview de Joël Aviragnet, candidat PS aux législatives dans la 8ème circonscription du Comminges-Savès. Dimanche, pour le second tour, il est opposé à Michel Montsarrat, candidat LREM. Au premier tour, Joël Aviragnet a obtenu 17,68% des suffrages et Michel Montsarrat, 33,35%. Les candidats du PCF et de la France Insoumise n'ont pas donné de consignes de vote, alors que Jean-Luc Rivière, candidat UDI/LR a appelé à voter pour le candidat "En Marche".



Vendredi 16 Juin 2017


Joël Aviragnet sur le marché de Luchon (Photo © Paul Tian)
Joël Aviragnet sur le marché de Luchon (Photo © Paul Tian)
Votre regard sur le premier tour ?

Il y a eu un mouvement national qui est uniforme. Derrière ça il y a une insatisfaction des Français. Le parti socialise subit ses conflits, ses divisions, ses frondeurs. Tout ce qui a été réalisé pendant le quinquennat n'a pas été assez valorisé. Les créations d'emplois arrivent trop tard.
Ce sont les conflits qui ont occupé l'espace médiatique au lieu des urgences.

Les deux questions récurrentes des électeurs : l'emploi et la santé. Hélas ! Tout ce qui a été fait dans ce sens n'a pas été mis en avant. Faut-il encore rappeler les 30 millions d'euros obtenus pour les hôpitaux de Saint-Gaudens et Luchon ? L'installation de l'IRM ? Etc...

Nous sommes dans une situation difficile et il n'y a pas eu assez d'explications très claires, une mauvaise communication, je le redis, surtout concernant ce qui a été fait pendant le quinquennat.

Formatés à l'idée du changement, (pourtant avec Bayrou ou Collomb, bonjour le changement !) les gens n'entendent pas la réalité positive que nous proposons à gauche et la réalité négative qui suivra les promesses de Macron.

D'ailleurs on s'aperçoit que les gens ne connaissent pas le programme de Macron.

Pensez-vous avoir commis des erreurs pendant la campagne ?

Non ! Sans faire de l'auto-satisfaction, il n'y a eu aucun manquement, l'adhésion des militants a été satisfaisante. J'ai démontré que j'avais une expérience sur le terrain et une expérience parlementaire , que donc j'étais prêt pour assurer le mandat à venir.

Avec cette adhésion massive à LREM, il  y a un phénomène de mode temporaire . On est à l'ère de la zapette, c'est un type de comportement très actuel. Tout ce qui a été fait précédemment a été zappé. Il faut changer. Hélas ! Les électeurs ne savent pas que ce 'changement' se fera à leur détriment.

Votre bandeau "Avec Carole Delga" a été beaucoup décrié...

Je reste fier de de ce qui a été fait pour le Comminges et le Savès, grâce à Carole Delga. Les gens sont étranges, ils acceptent le portrait du président de la République à côté d'un candidat, ce qui les fait voter pour lui, comme un seul homme, sans réfléchir et ils reprochent une allusion à celle qui a beaucoup fait pour le Comminges et le Savès. Etonnant, non ?

La technique de marketing de l'affiche des candidats LREM fait penser au phénomène de la fameuse toile peinte par la queue d'un âne, Aliboron, et que tout le monde admirait parce qu'on avait annoncé/inventé le nom du peintre en italianisant le nom de l'âne Aliboron... et tout le monde s'extasiait devant la toile de Boronalli qui de ce fait ne pouvait être qu'un chef d'oeuvre ! Preuve qu'on trompe facilement le monde.

Quels sont vos arguments pour ce second tour ?

Déjà, il faut aller chercher les absentéistes. Nous faisons du porte-à-porte et découvrons que personne ne connaît le programme de Macron et donc ses conséquences négatives.

Mon adversaire a écrit aux maires pour dire que les départements seraient supprimés mais que les subventions aux communes seraient maintenues.
Comment sera opéré ce tour de magie ?

Il faut que les électeurs sachent ce que la suppression des départements entraînera : les transports scolaires, les transports à la demande, la télé assistance, tout cela ne sera plus gratuits.

Qui va assurer le social si le département ne le fait pas ?

Et le social ce n'est  pas l'assistance à l'étranger, le social c'est l'aide aux familles, à la scolarité, à tous les actes quotidiens dont les gens ne prennent, hélas ! pas conscience. Plus de département, plus d'aide aux communes, de 40 % elle passera à 5%. Qui paiera les routes ? (prises en charge actuellement à 50 %).

Il est important aussi que les électeurs comprennent que s'il n'y a pas d'opposition à l'Assemblée nationale, il n'y aura personne pour faire entendre la contestation.

Je l'ai déjà dit, je ne serai pas dans l'opposition systématique mais dans la discussion constructive. Comment accepter que soit votée l'augmentation de la CSG par exemple si personne ne s'y oppose ?

Notre rôle est de relayer la contestation du peuple, il vaut mieux la discussion, même virulente pour défendre nos électeurs à l'assemblée plutôt que la contestation dans la rue.

Aller chercher les abstentionnistes : la cause de l'absentéisme étant rejetée sur le quinquennat précédent ?

Effectivement le vote de gauche manquant est celui de ceux qu'on n'a pas suffisamment entendu, écouté. Mais que va-t-il se passer avec la nouvelle équipe ?

C'est la finance qui va gouverner, et ouvertement. Tout le monde sait que la finance essaie toujours de tirer les ficelles mais, désormais, elle n'aura plus besoin de se cacher. Ce sera fait au grand jour : on va baisser les impôts sur les capitaux et augmenter les impôts sur l'immobilier, les loueurs seront pénalisés. Les propriétaires de communes comme Luchon seront aux premières loges des sanctionnés.

Contre Macron, mais pas avec vous, pas de consigne de vote du PCF ni des Insoumis ? Comment vivez-vous cette division de la gauche ?

Il faut trouver un équilibre entre Macron et Mélenchon. Je me situe dans une gauche de gouvernement qui n'est pas seulement une gauche de revendication mais une gauche pour faire remonter les réalités du terrain.

On fait croire aux gens que, avec tous ses candidats dits de la société civile, le peuple va être représenté, mais où sont les ouvriers ? Les agriculteurs ? Que les électeurs regardent bien les professions de ces candidats...

Un peu de détente : êtes vous allé dans les gradins du stade de Saint-Gaudens pour crier "Allez ! Va-s'y Monsarrat !"

(rires) Non ! Jamais, je suis plutôt foot !

"Panem et circences" (du pain et des jeux) dit une célèbre expression latine pour démontrer qu'il suffit d'amuser le peuple sans qu'il ait faim... Votre adversaire,  restaurateur et rugbyman, satisfait aux deux...

Avec notre programme, les citoyens auront plus de pouvoir d'achat (pour manger et le cas échéant aller au restaurant!), quant au jeu, moi, je ne suis pas un joueur de poker.

Pour rester dans la comparaison, quelle différence entre le montagnard et le rugbyman ?

J'habite au pied du Cagire et le montagnard arrive toujours au sommet, il fait aussi très attention où comment il pose les pieds pour avancer.
Même si je suis plutôt foot, je sais que le rugbyman est un spécialiste de la passe arrière, il n'est donc pas toujours dans la marche en avant.

Pour conclure, quel message avez-vous envie de faire passer ?

La victoire n'est pas facile mais pas impossible. Il suffit que les électeurs lisent très attentivement les propositions de l'un et l'autre candidat, il faut que les gens se ressaisissent et cessent de croire au Père-Noël. Noter l'origine politique et sociale des soutiens de mon adversaire pour son meeting : que des gens de droite. Où est le "de droite ET de gauche" prôné par Emmanuel Macron ?

Il est donc important et même très important de voter pour le candidat qui défendra l'espace et les services publics (école avec les enseignants, l'hôpital et les soignants) et bien sûr le pouvoir d'achat et le mieux vivre des personnes âgées.  

Propos recueillis par Nadyne Vern-Frouillou 

DROITS DE REPRODUCTION ET DE DIFFUSION RÉSERVÉS. COPYRIGHT LUCHON MAG




1.Posté par Bultinblan le 16/06/2017 12:49
Le footeux ou le rugbyman?

De toute manière, lorsque les problèmes sérieux viendront, l'un ou l'autre tapera en touche!

Bonnet blanc, blanc bonnet

2.Posté par insoumis luchon le 16/06/2017 13:13
source l'expansion l'express
Aviragnet prétend défendre les services publics :

fermeture de la trésorerie de l'Isle en Dodon, dans les cartons hollandistes : aspet et Aurignac en janvier 2018.
fermeture de la section SEGPA de St Béat, réduction des horaires d'ouverture des postes, des trésoreries, de pôle emploi.....
Chaque fois, les plus fragiles, plus anciens subissent ce désengagement de l'Etat et l'absence des combats des élus locaux pour défendre le "bout de viande"
Ligne Luchon Montréjeau , c'est la Région qui va supporter le grosse facture pour la rénovation.

La députée Delga n'est jamais intervenue sur ce sujet pour demander à l'Etat de participer à la hauteur des besoins, idem pour les trains de nuit aucune condamnation en tant que députée de la casse menée par Hollande/Valls /vidalies, idem pour le 4 éme paquet ferroviaire : rien , absence de critique
ci joint un complément

Le gouvernement ( Hollande ) a dépassé ses objectifs de suppressions de postes de fonctionnaires, et atteint un taux de non-remplacement plus élevé que sous l'ère Sarkozy, à 61,3%.

Selon des informations des Echos, 27 000 postes de fonctionnaires ont été supprimés en 2012, en dépit des embauches d'enseignants qui ont été réalisées à la rentrée scolaire par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Cela équivaut pour l'année passée à un taux de non-remplacement de 61,3%, alors que le taux le plus élevé atteint sous l'ère Sarkozy a été de 50% en 2011.

Ces 27 000 postes sont 1000 de plus que prévu que dans le collectif budgétaire de l'été 2012, qui tablait sur 26 000 suppressions, mais il faut souligner que le gouvernement Fillon avait programmé 30 258 suppressions dans son budget 2012. Sans les embauches décidées par Vincent Peillon à l'Education nationale, il y aurait eu environ 31 000 suppressions effectives de postes. Le nombre de suppressions de postes de fonctionnaires s'est élevé à 31 000 en 2010 et à 32 000 en 2011, et 150 000 postes au total ont été supprimés sous le quinquennat Sarkozy.

Le taux record de non-remplacement de 61%, qui aurait même atteint 70% sans les embauches d'enseignants, s'explique par les emplois à la Défense qui ont diminué plus vite que prévu, et par le moindre nombre de départs à la retraite de fonctionnaires, 44 000 au lieu de 64 000 en 2011. La fin de la possibilité de départ anticipé pour les parents de trois enfants a entraîné un grand nombre de départs cette année-là.

Les économies réalisées en 2012 par ces suppressions de postes se sont élevées à 4 milliards d'euros en brut, soit 2 milliards un fois déduit le coût des mesures catégorielles accordées en contrepartie. Cela a stabilisé la masse salariale de l'Etat qui n'a progressé que de 01% contre 0,5% en 2011 et 0,7% en 2010.

Organisons la Riposte sociale pour défendre nos retraites, notre sécurité sociale, nos statuts ( cdi / fonctionnaire ), notre code du travail....

3.Posté par Luchon31 le 16/06/2017 13:52
Voyons tous en marche..... pour que les socialos prennent une autre gifle.....

Adishatz

4.Posté par Picsou 31 le 16/06/2017 14:06
Après les législatives, les Français vont vite comprendre là où ils ont mis les pieds...
Le retour des vacances va être douloureux.
Il ne va plus s'agir de suivre le feuilleton photo, de la famille Macron sur la presse people, auquel on a droit depuis les présidentielles.
Limitez votre séjour vacances!
Car, du pognon, il va vous en falloir pour payer les nouveautés du banquier...

5.Posté par Bultinblan le 16/06/2017 14:11
Aviragnet éliminé. Il y en a une, qui ne va pas tarder à se placer chez Macron, tout comme l'autre de la Région ;-)

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