luchonmag
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Luchon : du désert médical... à la "non assistance à personne en danger" ?

Si la ville de Luchon n'est pas classée en tant que "désert médical" selon une étude du magazine des consommateurs "Que choisir", force est de constater que les curistes et vacanciers, mais aussi les luchonnais, se trouvent de plus en plus face à une situation... de véritable désert médical, quand ils ont besoin, dans l'urgence, de faire appel à un médecin. Nous publions ci-après la tribune"coup de gueule" d'une fidèle lectrice de "Luchon Mag" qui vient d'être confronté à ce problème récurrent dans notre ville.



Jeudi 16 Février 2017
Marie Chantal Ferré


Luchon : du désert médical... à la "non assistance à personne en danger" ?
Je viens de vivre une expérience horrifiante face à ce vide médical qui s'est emparé de notre ville. 

Je suis certes éloignée de Luchon, mais ma mère y réside toujours. Victime d'un problème de santé, elle appelle naturellement son médecin, celui-ci, parti en vacances et pas remplacé, faute d'avoir pu trouver un remplaçant.

Je tente par téléphone de trouver un autre praticien. Peine perdu. J'ai donc appelé une amie qui a convaincu son propre médecin de voir ma mère qui se trouvait dans un état si préoccupant, qu'il a nécessité une hospitalisation immédiate.

A la sortie de ce séjour en milieu hospitalier, ma mère réintègre son domicile à Luchon avec un traitement qu'elle suit scrupuleusement sous la surveillance d'une infirmière.

Manque de chance, l'hôpital ne pouvait savoir que l'un de ces médicaments était mal assimilé par ma mère, d'où des effets secondaires difficiles à gérer, nécessitant l'intervention d'un médecin.

Je reprends donc mon téléphone à la recherche d'un médecin pouvant modifier cette ordonnance.

C'est là que commence mon parcours du combattant totalement surnaturel !!!

Cabinets médicaux sur répondeur, refus catégoriques malgré l'explication que j'apporte. Pas un médecin n'accepte de voir ma mère dans un état de perte de repère et en pleine déprime,(effets secondaires d'un médicament que l'on ne peut arrêter sans surveillance médicale).

J'ai même fait appel à des médecins d'une autre commune du canton...

Même refus. Pas un médecin pour venir en aide à une femme de 85 ans en totale détresse.

J'ai alors du mal à me dire que je me trouve, en France, au XXIème siècle et de surcroît dans une ville thermale et touristique.

Alors que faire ? Appeler les urgences déjà en surcharge de travail pour un simple changement de médicament ? Un choix cornélien devant lequel je me trouve à cette heure encore, c'est à dire que je demeure sans solution.

Je comprends que la situation du manque cruel de médecin sur la ville soit une surcharge pour l'emploi du temps des praticiens, mais il y a, d'un côté la bobologie puis les maux qui peuvent engager la vie des patients.

C'est là que les médecins manquent de discernement ou font preuve de mauvaise volonté. Savoir différencier l'urgence de la non urgence.

Je dis ici, haut et fort qu'il y a une situation de "non assistance à personnes en danger".

J'affirme aussi que si par malheur ma mère devait connaître des suites graves à ce manque, je suis déterminée à porter plainte contre tous les médecins que j'ai sollicité et que pourtant la loi oblige à venir en aide aux malades.

Ne feraient-ils pas une amnésie collective totale sur le serment d'Hippocrate qu'ils ont prononcé un jour?

N'y a t-il aucun politique pour prendre conscience de cet état d'urgence ? Mettre en place une politique d'incitation pour convaincre de nouveaux médecins de s'installer à Luchon. Il ne s'agit plus de couper des rubans mais de prendre des mesures afin de sauvegarder la santé des Luchonnais.

Je me souviens aussi que tous ces médecins qui se lamentent en chœur aujourd'hui sur leur surcroît de travail ont soulevé une vendetta contre un ancien maire de Luchon qui avait voulu créer une maison de soins.

Peut-être avaient ils peur alors de voir leur clientèle s'amenuiser et pensaient-ils alors plus à leur tiroir caisse avant la santé des citoyens.

Les politiques n'ont pas su anticiper les futurs besoins du territoire, face, d'un côté, à des médecins partis exercer ailleurs, et de l'autre, des médecins partis à la retraite et dont la patientèle s'est répartie sur les autres cabinets.

Cette anticipation incombait aux politiques qui auraient dû prévenir le manque que nous vivons aujourd'hui, qui, in fine pourraient aussi avoir des répercutions sur la clientèle thermale en majorité rhumatologique, donc, plus très jeune et qui demande la sécurité d'une proximité médicale. Cela sera une nouvelle raison d'aller en cure ailleurs.

Ce vide peut aussi inciter à un exode des jeunes populations vers des centres urbains, attirées par une meilleure couverture médicale et/ou décourager ceux, séduits par notre ville mais qui pourraient craindre pour leur santé.

Nous devons prendre ce problème au sérieux et le traiter dans les meilleurs délais sous peine d'être responsables de drames à répétition.

Imaginons la détresse de personnes en état d'urgence à la recherche de médecins susceptibles de leur venir en aide. Le mur d'incompréhension auquel ils sont confrontés, la peur, l'impuissance à agir, la panique, cette situation n'est pas admissible et nous devons agir sans tarder !!!

A lire sur "Luchon Mag"


Tribune libre, rappel

"Une tribune libre désigne un article d'opinion publié dans une rubrique ouverte au public. Ce mode de publication permet à une personne qui n’appartient pas à l’équipe de rédaction d’exprimer publiquement ses idées. Il s’agit d’un article d’opinion, de commentaire ou de réactions qui permet, dans la mesure du respect des autres et du bon sens, d’aborder des thèmes très divers." 
 
 

Marie Chantal Ferré
Marie Chantal Ferré


1.Posté par De profundis le 16/02/2017 09:39
Côté Saint-Béatais même problème.
A défaut de voir se finaliser, une maison de santé digne de ce nom et, dont on n'a cesser de nous faire miroiter.
On mets les bouchées doubles sur l'agrandissement du...funérarium de Cierp-Gaud.
L'un, compensera l'absence de l'autre... :-(
Le Sud Commingeois dans toute sa splendeur!

2.Posté par Nathallie le 16/02/2017 11:13
Je confirme !
J'habite luchon depuis bientôt deux ans .j'ai eu un gros souci de santé nécessitant une hospitalisation en urgence de nuit .. meme les services d urgence étaient injoignables !!!
Et mon fils a fait une péritonite il y a peu . Impossible de voir le médecin , on m'a conseillé par téléphone de lui donner un traitement symptomatique pour la gastro 😳 Nous avons fini aux urgences aussi cette nuit la , par nos propres moyens !!!
J'ai du mal à comprendre ( n'étant pas originaire d'ici ) pour quelle raison les médecins désertent ils l'endroit ? De la clientèle ( patientelle ) il y en a en suffisance ... l'endroit est plutot sympa ... pourquoi les médecins ne restent ils pas ?
Il y a des maisons de retraite ... un hôpital de rééducation ( c'est bien ca ???) et aucun moyen de mettre un service de garde en place 24h/24h ?
Ne fut-ce qu' un médecin pour donner un avis en cas d urgence ?
La personne qui fait un AVC ici ou un infarctus , elle a 100% de chance de mourir le temps que les secours arrivent ?
En ce qui nous concerne c'est vraiment le gros point négatif de luchon, la médecine .

3.Posté par Vert roger le 16/02/2017 18:21
Entièrement d'accord sur le désert médical qui pèse énormément sur notre comminges, comment intéresser les jeunes docteurs à venir dans nos montagnes et campagnes quand on sait pertinemment qu'il visent tous ou presque les hôpitaux et les cliniques

4.Posté par Ferre Marie Chantal le 17/02/2017 09:06
Malgre la situation que je viens de vivre, il faut reconnaître que les directives gouvernementales cernent les praticiens à tous les niveaux et ne leur
Facilité pas la vie.
Il devient difficile d'exercer la médecine, ce qui pousse les nouveaux médecins à renoncer à ouvrir un cabinet, mais à se diriger plutôt vers le milieu hospitalier.
Nous nous trouvons confrontés à un système qui se rapproche dangereusement du système américain qui laisse sur la route des tas de laissés pour compte.
Notre système est en péril et je crains que la situation ne s'améliore pas.
Il n'en reste pas moins qu'au niveau local il y a des moyens d'agir à condition que les responsables aient envie de trouver une solution. Ce qui n'est pas le cas à Luchon.
A nous de nous de nous battre et parler assez fort pour que ce problème soit enfin pris en compte.
A Luchon, il est interdit d'être malade.......

5.Posté par Robert OUSTALET le 17/02/2017 09:45
Difficile de ne pas être d'accord avec ce constat ;
Les luchonnais les premiers en subissent les conséquences , mais , pas seulement : nombre de personnes qui venaient auparavant , et de façon régulière , à LUCHON , hésitent , parce que ayant pris de l'age on a plus de problèmes , a fréquenter notre pays .
Les medecins ne sont pas seuls en cause : ils ont bien le droit , eux aussi de prendre leur retraite , et il faut féliciter ceux qui continuent a apporter leur concours alors qu'ils auraient pu se retirer depuis déjà un certain temps ;
LES politiques municipales sont beaucoup plus à cibler : la santé des résidents , habituels ou occasionnels , n'est pas leur priorité .... et la recherche de solutions se rapportant à ce problème crucial encore moins ...
En 1971 , dans un programme électoral d'une liste qui n'avait pu être déposée , figurait déjà la proposition d'un Bloc de 1ere urgence ;
Aucune suite n'y a jamais été donné quelle que soit la couleur des municipalités en place ; pire , les demandes allant dans ce sens faites par le syndicat CGT notamment ont toutes été ignorées .... par TOUS ....
Et pourtant , l'on peut dire que entre nos curistes en été et les problèmes liés à la pratique du ski cela soit une inepsie ...
C'est seulement un choix politique et économique : pour exemple , entre un débrayable et un Bloc d'urgence , la question ne se pose même pas ....

6.Posté par De profundis le 18/02/2017 10:55
C'est clair que, du peu que l'on sait du programme de la nouvelle ComCom. Sur notre nouveau territoire. Priorité à la cour de récréation, plutôt qu'à la santé et au bien-être de ses résidents permanents...
Le Saint-Béatais en est le parfait exemple!
Depuis que l'on nous promets!
Continuez à aller faire du "tòca-manètas" à ceux qui nous ont mis dans cette M.... :-(
Pu.... OUVREZ LES YEUX !!!

7.Posté par Rosalie le 20/02/2017 12:44
j'ai fait un commentaire , mais je ne le vois pas, il n'a pas été publié ?????

8.Posté par Paul Tian le 20/02/2017 13:04
@Rosalie: le seul commentaire que l'on trouve sur le site est celui-ci...

9.Posté par Corinne le 20/02/2017 19:03
Comme partout le même constat
Peut-être qu'il faudrait faire des maison de santé ou les médecins seraient regroupés..
A condition qu'ils s'entendent ... ça c'est pas gagné non plus
Quand on voit le numerus clausus qui n'est pas augmenté ..
quand on voit que du coup on fait appel à des médecins étrangers. ..
On manque cruellement de médecins spécialisés. ..
Bref pourquoi ce désert et surtout à qui tout ceci sert ?
Et c'est plus qu'a luchon. ..

10.Posté par Douglass le 25/02/2017 16:36
"Vedi Onesiae e poi muori" ( "voir Luchon et mourir") telle pourrait être la devise de la ville !!

Nouveau commentaire :

Coup de coeur | Tribune libre | Coup de gueule | Opinion | Billet d'humeur