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Mieux connaître les oiseaux avec les Amis de la Nature et l'ornithologue Jean-Marie Bois

Retour sur la dernière sortie de la saison 2017 de l'association "Les Amis de la Nature".



Jeudi 12 Octobre 2017
Nadyne Vern-Frouillou


Le verra-t-on ce sacré oiseau et cet oiseau sacré (ou presque) à Luchon ?  Au centre, l’ornithologue, Jean-Marie Bois (Photo NVF)
Le verra-t-on ce sacré oiseau et cet oiseau sacré (ou presque) à Luchon ? Au centre, l’ornithologue, Jean-Marie Bois (Photo NVF)
Avec octobre, "Les Amis de la Nature", ont proposé en compagnie de la présidente Luce Redonnet et Danielle Baillon, leur dernière sortie de la saison 2017, "la" balade ornithologique, attendue avec impatience par ceux qui savent que, guidés par Jean-Marie Bois, c'est l'occasion de passer une passionnante après-midi.
Il n'y a jamais foule, et c'est finalement ainsi très agréable mais Jean-Marie Bois trouve toujours étrange que les gens soient si peu curieux de découvrir la gent ailée.
Ils  croient sans doute que c'est réservé aux spécialistes, n'imaginant pas le plaisir qu'on peut prendre au cours de cette balade "humoristico-instructive". La seule présence de Jean-Marie Bois est gage d'heures qui paraissent toujours trop brèves tant il distille avec passion des informations très sérieuses entremêlées d'anecdotes où l'humour de la réalité surprend toujours.

Autodidacte passionnée, érudit modeste, maniant l'humour avec délectation, Robin des bois, comme l'avait surnommé ses copains de classe en jouant de son nom de famille, vit ses connaissances accréditées par le CRMMO actuel CRPPO (Centre de recherches et de bagage des populations d'oiseaux).

En octobre 2016, la pluie avait quelque peu perturbé la balade, côté participants. Cette année, c'est le vent qui a peu motivé les oiseaux. En effet s'ils aiment peu la pluie, ils détestent le vent.

Qu'à cela ne tienne, si, surtout au début de l'après-midi (les oiseaux font aussi la sieste !), il était difficile de capturer (de visu) le moindre coup d'aile ou d'entendre "zizillements" et autres chants, ce fut un régal d'écouter Jean-Marie Bois qui aime à rappeler que "J'ai tout appris tout seul, j'essaie donc de donner les premiers indices pour que chacun puisse se débrouiller seul."

Nous allons donc faire partager aux lecteurs de "Luchon Mag" un inventaire à la Prévert d'informations et conseils glanés au cours de cette promenade :

Commençons par un sourire avec une astuce pour épater vos amis, même et surtout si vous n'y connaissez rien : un oiseau chante et on vous demande ce que c'est. La réponse est ultra facile ! C'est un passereau ! Les passereaux sont en effet tous des oiseaux chanteurs sauf la corneille qui ne chante pas vraiment.

Pour les autres oiseaux on parle de cri, sauf pour le canard muet ou le canard de Barbarie qui souffle.

La corneille qu'on baptise souvent corbeau dès qu'on voit un gros oiseau noir :  LE corbeau est masculin, il porte pantalon, LA corneille est très féminine, montrant ses "gambettes", elle se déplace au sol avec l'élégance d'un mannequin pour un défilé de mode ! Information plus "technique" sinon scientifique : la corneille a la tête alignée avec le cou. De la tête à la queue, c'est une ligne droite. Les corneilles sont beaucoup plus fréquentes que les (grands) corbeaux, à l'exception des corbeaux freux qui hantent par centaine les peupleraies de plaines.

A Luchon, une autre variété de "corvus" (nom générique latin des corbeaux) peut être aperçue, au moment des nichées (avril-mai-juin) autour de l'église.

Ce sont les choucas parfois appelés petit corbeau. Malgré leur cri peu agréable, les corbeaux font curieusement partie des oiseaux chanteurs.

Le nombre de sujets rassemblés peut aussi aider à différencier corbeaux, corneilles et choucas : jusqu'à dix, ce sont des corneilles, une trentaine = des corbeaux freux, un peu moins nombreux (25) et surtout près de tours (clochers) ou ruines, ce sont des choucas. 

La longévité des oiseaux est presque proportionnelle à la taille. Plus ils sont petits, plus leur rythme biologique est accéléré et plus ils meurent jeunes.

La sistelle hochepot est signe de l'approche de l'hiver. Reconnaissable parce qu'elle chante posée perpendiculairement à la branche sur laquelle elle est perchée.
Tous les autres oiseaux chantent juchés dans le sens de la branche.

Il y a des oiseaux peu sociables, ils sont rares mais il en existe un à Luchon, c'est le fameux cincle plongeur qui est présent toute l'année et que l'on peut voir en particulier sur la Pique. Il vole très rapidement au ras de l'eau, plongeant pour chercher sa pâture. Entre deux "chasse", il se pose sur un caillou où on peut l'observer.  

Il ne faut pas détruire les nids d'hirondelles : les nombreux chemins carrossées font qu'il y a de moins en moins de boue. La plupart des hirondelles reviennent vers les nids existants pour utiliser la boue et construire un nouveau nid. Les hirondelles n'utilisent pas les fils uniquement au moment de la migration, c'est aussi leur lieu de reproduction. Les fils électriques étant de plus en plus fréquemment enterrés et les sèche-linge ayant remplacé les étendoirs, il est très important d'installer des fils dans son jardin pour procurer des lieux d'amour aux hirondelles si on veut que la race perdure.
Jean-Marie Bois conte avec délectation et humour les ébats amoureux de différents oiseaux.

La patience et l'observation permettent en effet d'assister à des scènes de parade de séduction, de "combats" amoureux entre plusieurs mâles avec des "astuces" délirantes, et à des scènes d'accouplement, si vous avez la vue perçante et le regard rapide car, cela dure parfois moins d'une seconde !

Les martinets font l'amour en vol (d'où l'expression sans doute "s'envoyer en l'air" commente un curiste joyeux luron) et si l'approche est longue, il faut s'assurer de bien viser et l'instant fatidique se déroule en un éclair.

Les oiseaux n'ont pas de sexe extractible sauf les autruches (monumental  et les canards, très longs et en tire-bouchon.

Le canard n'étant pas rapide pour remballer, on peut assister dans la base-cour, à la scène cocasse de poules qui se précipitent croyant avoir trouvé un ver.

Les oiseaux n'ont pas besoin d'évacuer d'eau (leur corps n'en contient que 30%, pas de charge inutile pour voler) donc il n'urinent pas et ne suent pas.

Ce sont les plumes qui servent de thermorégulateur.

Si un porte-bonheur (dit-on!) vous tombe dessus, il y a toujours une partie blanche, fèces et urines se mêlent et la partie blanche est une sorte d'urine solidifiée. 

Si on veut voir des oiseaux divers, il ne faut pas aller dans les grands espaces, dénudés ou plantés d'une unique espèce de plantes. Il faut chercher des endroits avec des limites qui créent des espaces où chaque espèce peut trouver ce dont elle a besoin (allée, rangée d'arbres, prairie, ruisseau, muret, etc...)
Il existe deux sortes de rapaces : les diurnes et les nocturnes.

Les rapaces nocturnes ont du poil aux pattes. Ils peuvent circuler le jour pour chasser. Ils ne sont génétiquement pas parents.

Pas plus que ne sont parents l'hirondelle et le martinet.

L'hirondelle vole haut (sauf dit-on quand il va faire orage). Beaucoup plus grand d'envergure et avec des ailes en forme de faucille, le martinet vole bas. Comme le coucou qui se déplace très vite.

S'il ne faut pas détruire les nids d'hirondelles, il faut par contre maintenant (automne) jeter les nids de merles afin de permettre à un merle (noir) et à sa merlette (grise) de revenir construire un nid à la même place.
 
"La nature, il faut l'aimer et être curieux, conclu Jean-Marie Bois et surtout ne pas craindre de perdre son temps".

La récompense est en effet dans de surprenantes découvertes.

Doté d'une vue et d'une ouie inimaginables qui lui font reconnaître les oiseaux à l'attitude ou au cri dont il sait percevoir la moindre nuance (peur, colère, amoureuse , Jean-Marie Bois est intarissable sur le sujet et sait surtout faire partager ses connaissances très pointues avec talent : c'est un merveilleux scientifique-conteur dont l'humour perce à chaque explication, toujours très imagée  pour mieux faire comprendre aux plus néophytes.
Rendez-vous pour de nouveaux instants de bonheur en 2018.


Lea Bergeronnette (Photo Luce Redonnet)
Lea Bergeronnette (Photo Luce Redonnet)

Nadyne Vern-Frouillou
Nadyne Vern-Frouillou


1.Posté par Lauwers Marianne le 13/10/2017 05:42
La sittelle torchepot est présente toute l'année. Elle vient facilement aux mangeoires ce qui rend plus aisé son observation.

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