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Frankenstein à Poubeau !

Vendredi, à 20h30, soirée Cinévallée avec "Frankenstein Junior" de Mel Brooks (1974), à la Salle des Fêtes de Poubeau.



Jeudi 19 Novembre 2015
Roger Cussol


Le début de la carrière de Mel Brooks est sans aucun doute sa meilleure période, la plus drôle, la plus fine et la plus inventive. Œuvre conjointe de l’acteur (et ici scénariste) Gene Wilder et du réalisateur Mel Brooks, Frankenstein Junior est certainement l’un des tous meilleurs titres de la filmographie des deux hommes, et le plus bel hommage aux films de James Whale.

La Dernière Folie de Mel Brooks (Silent Movie), Le shérif est en prison (Blazing Saddles, et pendez-moi les traducteurs des titres de ces films !), Frankenstein Junior : le cinéma des années 1970 de Mel Brooks était bien loin des potacheries amusantes mais bien creuses de La Folle Histoire de l’espace ou Dracula, mort et heureux de l’être.

Pas vraiment connu pour la légèreté de son humour, le cinéma de Brooks trouvait à cette époque le juste équilibre entre le burlesque et l’hommage respectueux, recette immuable pour réussir une véritable parodie. Si Silent Movie, Les Producteurs et Blazing Saddles prouvaient bien la culture de leur auteur,Frankenstein Junior parvient à être bien plus encore. Rencontre providentielle de Gene Wilder (un habitué des productions de Mel Brooks), de Brooks et de l’inénarrable Marty Feldman, le film respire l’amour des deux films de James Whale qui ont donné naissance au mythe cinématographique du monstre de Frankenstein : Frankenstein (1931) et  La fiancée de Frankenstein (1935).

Le Dr Frederic Frankenstein (prononcez Fronkonsteen), petit-fils du célèbre scientifique fou, reçoit en héritage le sinistre manoir où se sont déroulés les évènements que l’on sait. Aidé de son assistant Igor (prononcez aïe-gor’), il n’attend guère avant de reprendre les travaux de feu son grand-père, donnant la vie à un monstre au corps herculéen et au cerveau quelque peu déficient. Alors que les villageois affûtent déjà faux et serpes, le Baron tente tout pour ramener son monstre à la raison, et lui éviter la fin tragique de son prédécesseur.

S’il n’avait pas été tourné en 1974, on aurait pu croire à la lecture du scénario de Frankenstein Junior qu’il s’agissait d’une énième suite à la saga. Ne serait-ce qu’en piochant dans la myriade de dérivés plus ou moins regardables de l’histoire du monstre de Frankenstein (citons, que sais-je..., Frankenstein contre le monstre de l’espace, Abbott et Costello contre Frankenstein, ou l’assez inattendu Santo et le Blue Demon contre le Dr Frankenstein), Brooks et Wilder auraient facilement pu alimenter une parodie efficace. Mais ce n’est pas le propos ici : nous sommes en plein hommage. Et l’œuvre est belle. Considérant avec tendresse les effets de manche du cinéma d’épouvante de James Whale, Brooks reprend à la lettre certains gimmicks, les poussant parfois à outrance (le Frau Blücher toujours suivi du hennissement paniqué des chevaux), mais jamais jusqu’au ridicule. C’est ainsi que les plus belles scènes du diptyque de James Whale trouvent facilement leur place au milieu des gags scabreux (et ma foi passablement hilarants) : le monstre et la petite fille (une scène disparue de la version originale de 1931), l’aveugle, la coiffure magnifique d’Elsa Lanchester dans La Fiancée... Le style musical, la typographie du titre, le style de la mise en scène : tout concourt dansFrankenstein Junior à montrer que Brooks et Wilder, en s’effaçant considérablement derrière le mythe, sont parvenus à créer un film hybride, souvent irrésistiblement drôle (le dialogue original entre Inga (entendant un loup) : « Werewolf ! » ; Frederic : « Werewolf ? », et Igor : « There, wolf. There, castle. » reste un monument inégalé), toujours éminemment beau, nostalgique et attendrissant.

Avec sa connaissance parfaite des films originaux, son talent burlesque, son casting de rêve (Peter Boyle, Cloris Leachman, Teri Garr sont remarquables ; Marty Feldman parfait, et Gene Wilder lui-même tient probablement là son plus grand rôle), Mel Brooks a fait de son Frankenstein Junior ce que toute parodie devrait être : un vibrant et poétique hommage aux films qu’il brocarde. Joe Dante avait réussi la même chose avec son méconnu et superbe Panic sur Florida Beach  (qui reprenait Les monstres attaquent la ville), et lui et Brooks ont gagné de plein droit une place au panthéon des monstres du fantastique, juste à côté de Whale et de Gordon Douglas.

(Vincent Avenel)


Roger Cussol

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