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Quadrille Luchonnais : un quart de siècle au service des traditions et de l'histoire de Luchon

Le 15 août prochain sera un grand jour pour le "Quadrille Luchonnais", l'un des deux groupes folkloriques de Luchon, qui célèbre les vingt-cinq ans de sa création.



Mardi 1 Août 2017
Nadyne Vern-Frouillou


(Photo © Domy)
(Photo © Domy)
Le 15 août prochain sera un grand jour pour le "Quadrille Luchonnais", l'un des deux groupes folkloriques de Luchon, qui célèbre les vingt-cinq ans de sa création en novembre 1991.

Composé d'une vingtaine de danseurs et danseuses de sept à soixante-cinq ans (mais ce n'est pas une limitation d'âge ! , le "Quadrille Luchonnais" s'est statutairement fixé de faire revivre, une page glorieuse de l'histoire locale, celle du XVIIIème siècle qui porte à jamais l'empreinte du Baron d'Etgny, intendant de Gascogne, dont la statue s'élève devant les Thermes.

"Quand j'ai créé le groupe, avec trois amies, raconte la présidente Marie-Michèle Fournier, je voulais me différencier des "Fils de Luchon" (autre groupe de la ville de Bagnères-de-Luchon qui a fêté ses quatre-vingts ans en 2015) qui, eux, travaillent davantage sur le XIX° siècleAlors que je me promenais, je fus interpellée par une phrase inscrite sur une des plaques scellées sur le socle de la statue du baron d'Etigny. Il était et est toujours écrit 'Et je crois que ma mémoire y sera toujours chérie (12-08-1767)'. Le baron parle bien sûr de Luchon dont pourtant les habitants furent à l'époque, peu reconnaissants de ses actions. J'ai donc eu envie de rendre un hommage posthume au baron d'Etigny pour compenser l'indifférence des Luchonnais."

"Pour comprendre une partie de notre spectacle, il faut savoir, poursuit Marie-Michèle Fournier que, pour lancer la station thermale, le baron d'Etigny invita le duc de Richelieu qui fut si enchanté de sa première cure en 1761, qu'il revint à Luchon en1766 accompagné de la cour. Ainsi Luchon accueillit le duc d'Aiguillon, la comtesse de Brionne, la princesse de Ligne, Charlotte de Lorraine, le prince de Rohan, il ne manquait disait-on, que la famille royale. Pour l'anecdote, les 'historiens' luchonnais et même cela est noté dans des documents à la mairie, citaient la Pompadour mais ceci est un anachronisme puisque la marquise de Pompadour était décédée depuis deux ans, le 15 avril 1764 ! C'est pour cette raison, que dans notre spectacle, nous avons remplacé la Pompadour par La Comtesse du Barry..."
Et c'est devant cette très noble assemblée que s'est déroulée "la plus belle des pastorales".

"Dès lors, le ton était donné et depuis à chaque occasion, à Luchon, pendant des dizaines d'années, on essaiera de danser sur les airs de ces plus belles musiques entendues un beau soir d'été entre Montauban-de-Luchon et Bagnères-de-Luchon. Le 'Quadrille luchonnais' a choisi de faire revivre ces moments inoubliables".

Quand depuis plus de cinquante ans, on voit le costume rouge des danseuses des Fils de Luchon (uniquement choeurs d'hommes à la création, il y a plus de quatre-vingts ans, d'où son nom), on est en droit de s'étonner de la couleur bleue du Quadrille luchonnais.

Dans le document du groupe, Marie-Michèle Fournier explicite les raisons de ce choix :

"Jusqu'au début du XVIIIème siècle, le costume habituel est sobre, souvent miséreux. Il utilise les matières premières que le paysan possède sur ses terres, la laine de ses moutons, le chanvre et le lin. Ce siècle qualifié 'siècle de lumières' conduira à l'amélioration du niveau de vie dans le monde rural. Les provinces pyrénéennes connaîtront les bienfaits du développement économique du Sud-Ouest et de la France entière. Et à Luchon, plus qu'ailleurs puisque la cour s'y déplaçait..."

D'où la découverte de belles étoffes aux vives couleurs.

L'indigo (qui, arrivant d'Inde, avait supplanté le pastel occitan, le monde est un éternel recommencement) donnait un bleu chatoyant et moiré qui flattait la beauté des belles princesses.

C'est donc ce bleu que l'on retrouve aujourd'hui sur les costumes des danseuses et des danseurs du "Quadrille Luchonnais".

Ce goût du luxe signalé en 1786 par l'abbé Bonnecaze atteignait la classe paysanne moyenne et plus particulièrement les habitants du pays de Luchon qui avait eu le privilège de côtoyer (du moins d'apercevoir) les toilettes des grands noms de la cour royale.

Chacun dès lors, prit l'habitude de soigner son costume de cérémonie, en l'agrémentant de perles, de dentelles, de ganses, en imitant cette mode parisienne très appréciée de la bourgeoisie et de la noblesse.

De leur côté, les paysannes se faisaient belles, après leur travail, pour faire la fête, en portant des costumes plus voyants que ceux pour le travail, bien plus sombres.

Hélas ! Le XVIII° siècle s'acheva par une période d'austérité, la prospérité s'éteignant peu à peu, le pays s'affaiblissant et le costume retrouva progressivement son caractère sobre et triste du siècle écoulé.

Une belle époque était déjà révolue, une belle époque que le "Quadrille Luchonnais" souhaite et s'est fixé pour objectif de remettre à l'honneur.

"Nous avons donc un costume paysan coloré et un costume de l'époque du XVIII° siècle que nous portons pour les spectacles. Nous avons fait de longues recherches historiques auprès des organismes compétents agréés, afin de mettre en cohérence les détails du costume avec les informations recueillies dans le patrimoine culturel de notre pays de Luchon."

"Ainsi nous pouvons mieux réussir à composer et toujours améliorer un spectacle qui retrace le plus fidèlement possible les meilleurs moments du XVIIIème siècle trop souvent tombés dans l'oubli ou dans l'indifférence."
 
 

​Entrez dans la danse avec le Quadrille Luchonnais !

(Photo © Domy)
(Photo © Domy)
"Pour cela nous espérons convaincre de nous rejoindre tous ceux qui ne sont pas insensibles à notre message afin de partager et faire partager l'amour de notre beau passé..." nous confie Marie-Michèle.

Pratique :  les répétitions ont lieu tous les vendredis soirs à 21h, à la salle du PMU, à l'aérodrome. 

L'initiation aux danses proposées pour les spectacles se répartissent en deux thèmes : celles qui évoquent le XVIII° siècle tel que le menuet ou le célèbre quadrille des lanciers (qui a donné son nom au groupe) "bien que ce soit une danse un peu plus tardive" précise Marie-Michèle Fournier.

Quant à la partie consacrée aux danses paysannes, Marie-Michele a choisi, pour assurer l'originalité du spectacle, de créer des chorégraphies sur des musiques locales en mêlant, pour éviter la monotonie, les pas des différentes danses pratiquées autrefois... et dont beaucoup sont désormais très tendance dans les très nombreux bals occitans qu'animent des passionnés de musique et de danses traditionnelles authentiques mais parfois revisitées par les animateurs d'ateliers.
    
Il serait hypocrite de pas évoquer les tensions, très perceptibles, qui existent entre les deux groupes folkloriques luchonnais.

"Oui ! Hélas et c'est dommage car le Quadrille Luchonnais et les Fils de Luchon sont complémentaires. Et même ce serait bien qu'un troisième groupe propose un spectacle évoquant un autre siècle. En raison de l'ancienneté des Fils de Luchon, la naissance du  Quadrille Luchonnais faillit être compromise. Je me souviens quand, par courtoisie, j'ai fait part de mon projet au maire Jean Peyrafitte. Cela lui apparut comme une violation des droits d' une institution qui, selon lui, avait l'exclusivité de représenter les traditions de la ville de Luchon. Certes, il ne pouvait pas, légalement, s'opposer à la création d'un nouveau groupe, mais, pour me décourager, il me dit clairement qu'il ne m'aiderait pas. C'était toutefois, un homme intelligent (c'était un ami, il était à mon mariage avec son épouse Renée) et il finit par comprendre ma passion pour le folklore, mon envie de faire partager mon amour pour Luchon et pour son beau passé, notre volonté farouche de 'Servir Luchon et retracer un peu de son histoire' la devise du Quadrille Luchonnais qui vit le jour, officiellement mais dans la douleur, en novembre 1991.

Cependant, il y eut des réactions étonnantes et tout à fait inattendues de la part de certains Luchonnais qui qualifièrent notre groupe de royaliste, parce que disaient-ils, la couleur bleue est la couleur de la royauté.

C'était totalement loufoque ! J'étais jeune, vingt-cinq ans de moins, et je ne me suis pas rendu compte de l'importance de cette remarque. Je n'avais même pas réalisé que le XVIII° siècle était une époque royaliste, mon seul objectif était de rendre hommage au baron d'Etigny et de mettre en valeur ce qu'il avait fait pour la ville que j'aime.

Bien sûr les élus successifs ont glissé sur cette appréciation stupide et ont toujours invité le groupe (soi-disant) royaliste aux cérémonies du 14 juillet où j'ai quand même entendu des Luchonnais me dire "Ah ! Les royalistes, bientôt on va vous couper la tête".

Mieux vaut en rire, mais ces réflexions furent cependant difficiles à vivre. Le fait que mon mari soit élu conseiller municipal en 1995, avec un maire de droite, renforça les détracteurs du Quadrille dans cette conviction ridicule mais toujours tenace.

C'est vraiment tout ignorer de la tolérance occitane.   

Quoiqu'il en soit, le Quadrille Luchonnais met la dernière main aux préparatifs de son quart de siècle.

"Nous allons réunir les actuels  (une vingtaine) et anciens danseurs et danseuses du Quadrille, un de mes regrets est l'absence que la présidente qui me remplaça quelques temps, mais elle est empêchée de venir. 

Il y aura donc une partie de fête privée après la messe au kiosque à 10h15 et le défilé à partir de midi, du parc des Thermes au Pavillon Normand que nous cède gracieusement la mairie en guise de cadeau d'anniversaire.

Avant l'apéritif, le Quadrille présentera un extrait de la fameuse pastorale de 1766, avec la participation exceptionnelle de Christian de Miègeville, l'historien du groupe.

Pendant l'apéritif, le Quadrille luchonnais et l'Edelweiss pyrénéen de Saint-Gaudens offriront un aperçu de leurs spectacles respectifs avant qu'un buffet campagnard ne réunisse anciens et actuels membres du groupe.
Sur réservation au plus tard le samedi 5 août : 25 € les adultes, 12 € pour les enfants jusqu'à 12 ans.)
L'après – midi, à partir de 15h la fête est ouverte au public qui pourra se désaltérer à la buvette tandis que Quadrille et Edelweiss se produiront et animeront une après-midi festive interactive.

L'occasion pour de futurs nouveaux venus ( le Quadrille recrute en permanence) de découvrir le plaisir de la danse et l'ambiance conviviale qui règne au sein d'un groupe folklorique.
 
Un plaisir de la danse qui se poursuivra le soir sur l'esplanade des Thermes par un maxi-bal traditionnel initié par Jan de Nadau.
Le 15 août luchonnais sera ainsi vraiment une journée (et une nuit !) "farandolesque" ! A ne manquer sous aucun prétexte.    
 

L'Edelweiss Pyrénéen

Quadrille Luchonnais : un quart de siècle au service des traditions et de l'histoire de Luchon
Quelques mots sur l'invité du Quadrille luchonnais , L'Edelweiss Pyrénéen de Saint-Gaudens.
  • Ce groupe de danses traditionnelles fut créé en 1984.
    Les danseurs (bénévoles, bien sûr!) se produisent en costume des années 1830-1850.
    Ils confectionnent eux-mêmes leurs costumes d'après archives et lithographies.
    Les danses de Gascogne, interprétées sont diverses et variées : rondeaux, polkas, scottish, mazurka, gigue, yuska, abricot, matelote, moulinet, pas de 4 de Luxey, congos, redova, baïar...
Appartenant au domaine public elles permettent un programme exempt de droits d'auteur (très important pour les organisateurs).

Comme tous les groupes folkloriques, l'Edelweiss Pyrénéen a a cœur de maintenir toutes les traditions de leur région, de faire participer jeunes et adultes à la danse et à la musique traditionnelles, de rechercher les arts et traditions populaires, de faire connaissance avec d'autres régions d'autres pays.

L'Edelweiss Pyrénéen de Saint Gaudens anime Fêtes folkloriques, locales, de la musique, de familles, de fin d'année, mariages, kermesses, goûter, repas, maisons de vacances, de retraite, festivals...
 
Contact :

Edelweiss pyrénéen de Saint Gaudens 
: Siège social : Office du Tourisme, 2 rue Thiers,
31800 St-Gaudens
Salle Chappert
6 bis, route de Landorthe
31800 Saint-Gaudens
05 61 95 27 19
Les répétitions ont lieu le mercredi et le vendredi à 21 h précises.
 

Demandez le programme !


(Photo © Domy)
(Photo © Domy)

Nadyne Vern-Frouillou

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Nadyne Vern-Frouillou


1.Posté par Ferré Marie Chantal le 02/08/2017 05:24
Je voudrais rendre hommage à Marie Michèle Fournier dont la passion et la persévérance ont permis au Quadrille de survivre malgré ses
détracteurs et les manifestations d'un sectarisme évident. Je n'ai d'ailleurs jamais compris l'antagonisme entre les deux groupes luchonnais qui à mon
sens sont complémentaires. Il serait bon de gommer ces chamailleries de clocher et peut être voir une collaboration fraternelle se mettre en place
sur certaines manifestation célébrant le passé glorieux de notre cité.
Bravo Marie Michèle de célébrer un pan de l'histoire de notre belle ville!!!

2.Posté par VERT Roger le 09/08/2017 15:17
Je souhaite une très bonne fête d'anniversaire pour ce quart de siècle au Quadrille Luchonnais, pour ma part je ne verrais pas les cinquante ans d'existence du groupe, mais je souhaite vivement que beaucoup le vivront et le fêteront. Roger VERT ancien président des Fils de Luchon.

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